Thomas Zahnd meilleur Suisse au Grand Raid
22.08.10
Dans des conditions idéales, le marathonien de Nofen Thomas Zahnd a terminé le Grand Raid Cristalp en tant que meilleur Suisse au 3e rang. L'Allemand Karl Platt remporte la victoire pour sa première participation, devant son collègue d'équipe Thomas Dietsch (FRA).

Disputée sur un nouveau parcours rallongé (138 km et 5628 m de dénivelée au total), la course a été animée dès le départ. Un peloton de 12 concurrents composé de tous les favoris a imposé son rythme aux avant-postes. Platt a forcé la décision en attaquant dans la longue descente menant de Mandelon à Evolène. Le vainqueur allemand de la Transalp a réussi à creuser un écart d'une minute sur ses poursuivants à ce moment. Le nouveau venu sur le parcours du Grand Raid devait cependant encore affronter 37 km de course incluant l'éprouvante montée (1850 m de dénivelée) menant au Pas de Lona, point culminant du parcours situé à 2800 m d'altitude. Il était poursuivi par un groupe puissant formé des vainqueurs des trois éditions précédentes Alexandre Moos (2009), Urs Huber (2008) et Thomas Dietsch (2007), ainsi que du champion d'Europe U23 Konny Looser, de Lukas Buchli et de Thomas Zahnd.
Ce n'était toutefois pas le jour des anciens vainqueurs. Zahnd a tenté sa chance et a réussi à échapper aux autres membres du groupe en emmenant Dietsch dans sa roue. «J'ai senti dès le matin que j'avais de bonnes jambes», expliquait Zahnd après l'arrivée. Le Français Dietsch, compagnon d'équipe du leader Platt, montrait quant à lui peu d'entrain à marquer le rythme. C'est seulement dans la section de portage du Pas de Lona qu'il a tenté de distancer Zahnd. «C'était pour moi la situation la plus délicate de toute la course, car Dietsch est un bon coureur à pied. J'ai alors réuni toutes mes forces et j'ai réussi à le rattraper peu avant le sommet», déclarait Zahnd en parlant de cette section. Mais Dietsch n'a pas lâché prise et a à nouveau distancé l'athlète du team Stöckli dans la descente sur Grimentz. «Nous ne nous sommes fait aucun cadeau. À ce moment j'ai aussi pensé à ma clavicule récemment guérie que je m'étais brisée à la fin du mois de mai lors d'un entraînement en vue des championnats suisses de marathon», résumait Zahnd qui a finalement atteint l'arrivée derrière le Français. «Sur la fin, je n'ai pensé qu'à la place sur le podium. Ce troisième rang vient à point nommé et est particulièrement important pour moi. C'est mon meilleur résultat jusqu'à ce jour», se réjouissait Zahnd, encore plus motivé pour le Nationalpark Bike Marathon à disputer le samedi suivant à Scuol. Cette course de 138 km est comparable au Grand Raid, même si elle n'est pas aussi «casse-pattes» en raison de sa dénivelée moindre. C'est aussi la plus longue course de la série marathon iXS-classic, dont le dénouement aura lieu en Engadine.
Le rallongement du parcours du Grand Raid n'apporte pas grand-chose selon Zahnd. «Il n'y aurait rien à redire sur le parcours avait gagné en attractivité en raison de la montée supplémentaire, mais ce n'est pas le cas». Les seize kilomètres additionnels, qui représentent environ une heure de course supplémentaire pour les meilleurs, auraient pu être laissés de côté selon Zahnd.
Le prolongement du parcours a laissé des traces dans le peloton féminin. Seules quatre filles ont dompté cette distance colossale. La régionale de l'étape Fabienne Heinzmann s'est imposée devant Andrea Kuster et l'Espagnole Merce Pacios. Alors que Fabienne Heinzmann, avec son temps de 9 h 3 min 33 s, a eu besoin de tout juste deux heures de plus que Platt pour couvrir la distance, cet écart s'élevait déjà à plus de quatre heures pour Merce Pacios.